Genève - International

Les Surui et Aquaverde mobilisés contre la déforestation de l’Amazonie

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Cela va bientôt faire deux générations que le plus grand réservoir de biodiversité au monde, l’Amazonie, subit les ravages des activités de l’espèce humaine. Le constat est sans appel : la superficie de la forêt amazonienne s’est réduite de 18% depuis 1970, essentiellement pour y installer des pâturages pour le bétail ou y planter du soja. À ce rythme, les conséquences écologiques de la déforestation en Amazonie risquent d’être pour le moins apocalyptiques, avec une disparition totale de la forêt prévue à l’horizon 2150.

Contexte écologique de la forêt amazonienne

Cet écosystème, unique au monde, abrite 390 milliards d’arbres et 16000 espèces différentes : l’Amazonie est l’un des poumons principaux  de la planète.

Ils sont 9 pays à se partager les 5 500 000 km2 de la deuxième forêt du monde (la forêt russe Taïga étant première). Le Brésil possède la plus grande part du gâteau avec 63% de la superficie globale, suivent alors le Pérou et la Colombie avec respectivement 13% et 10%. Le reste de la forêt traverse l’Équateur, le Venezuela, le Suriname, le Guyana, la Bolivie et le département de la Guyane Française.

À noter que chaque année, l’Amazonie brésilienne arrive en tête du classement des zones les plus ravagées par la déforestation dans le monde.

La genèse du projet PAMINE

En 2000, les chefs des quatre clans Surui se sont réunis afin de chercher une solution à la survie de leur peuple. Chaque clan devait proposer un projet à développer pour le bien de la tribu entière. C’est à cette occasion qu’Almir Narayamoga Surui. chef du clan Gamebey (le clan des guerriers chargé de la protection de la tribu) élabore un concept pour sauver l’intégrité de sa tribu et son territoire en utilisant la reforestation comme catalyseur. Après s’être assuré du soutien inconditionnel de son clan, il propose donc le projet de reforestation “PAMINE” qui sera mis en route par le clan Gamebey.

Ce projet est intégré dans un plan global de gestion durable sur 50 ans du territoire des Surui élaboré par chef Almir avec le soutien de l’ONG brésilienne Kanindé.

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PAMINE : convaincre par l’exemple

La collaboration avec l’Association Aquaverde démarre à partir de 2004 lorsque le Chef Almir se met à la recherche d’une institution pour le soutenir dans son projet de reforestation. De ce fait, un nouveau chapitre commence pour les Surui.

Le développement du programme PAMINE, fruit de la collaboration avec Aquaverde, repose sur l’exemple : les autres clans devant être convaincus d’y participer tout en respectant leurs coutumes. L’idée consiste à ce que toute la tribu s’implique afin que le projet soit exportable par les Surui auprès des autres tribus.

Pour ce faire, il fallait démontrer l’existence d’autres solutions adaptées aux besoins des Indiens face aux pressions économiques subies. La restauration de la richesse de la forêt aux alentours des villages devait permettre à la fois de réduire leur dépendance alimentaire à l’égard de la ville et leur fournir des revenus issus d’une activité durable, tout en leur permettant de protéger l’intégrité de leur territoire forestier, encore inviolé.

En 2011, le clan Makor (clan de 80 personnes) qui ne participait pas encore au projet PAMINE s’y joint à son tour.

Les défis majeurs des Surui

Après les modifications de la loi brésilienne concernant le Code forestier  en 2012, le succès du projet PAMINE n’a pas fait que des heureux. Les principaux chefs ont été parfois menacés et la partie Est de leur territoire s’est vu envahir par les bûcherons illégaux. Le contexte local étant devenu sensible, ceci a engendré la limitation de reforestation annuelle à deux carrés comprenant 878 arbres replantés dans la zone de reforestation de l’Aldeia de Lapetanha,

Pour remédier au manque d’arbres plantés par rapport aux besoins d’Aquaverde (ayant financé la plantation de 2 934 arbres), les Surui s’étaient engagés à replanter les 2 056 arbres manquant dès la prochaine saison des pluies outre les arbres parrainés en 2013.

ÉQUIPE

Almir Narayamoga Suruí

Président

Claude Pedrina

Vérificateur des comptes

Thomas Pizer

Président

COORDONNÉES

Association Aquaverde - Place St-Gervais 8, 1237 Avully,

Genève,

Suisse

Tel : 410-227-560059

aquaverde@aquaverde.org

www.aquaverde.org

FACTS

L’ONG WWF alerte sur une nouvelle dégradation de l’état de la forêt amazonienne, dans un rapport intitulé Living Amazon Report 2016 publié le 13 juin 2016. L’ONG explique que ce sont la recherche de profits et les pressions économiques qui accélèrent la déforestation de l’Amazonie. Celle-ci a en effet augmenté de 16 % entre 2014 et 2015, d’après le ministère brésilien de l’environnement. Ainsi, en un an, 5.831 km² de forêt ont disparu.

 

Source : www.consoglobe.com

 

 

 

LE MAROC EN ACTION

Le plan décennal 2015-2024 établit par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification a pour objectif d’atteindre une superficie globale de reboisement de cèdres de 15 940 ha dont 7 165 ha de nouvelles plantations et 8 775 ha de consolidation des anciennes. Il est prévu la reconstitution d’une superficie de la cédraie pouvant atteindre 30 000 ha contre 27 000 ha au titre du programme 2005-2014.

 

Source : lavieeco.com

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