Leila Ghandi

Leila Ghandi

Leila Ghandi, née le 26 juillet 1980 à Casablanca, est une reporter, journaliste d’opinion, animatrice de télévision, productrice, réalisatrice et photographe franco-marocaine. Elle est devenue une figure incontournable du paysage audiovisuel au Maroc. Retrouvez, ci-dessous, son interview pour le Maroc en Action.

À quel moment avez-vous pris conscience qu’il fallait agir pour la planète ?

À ce jour, je ne sais pas en fait, si j’ai pleinement et réellement pris conscience qu’il fallait agir pour la planète. J’ai le sentiment que quand on en prend pleinement conscience, ça devient presque une obsession, ça devient le combat de toute une vie. C’est un enjeu tellement important, où il est question de la survie de l'humanité. Alors, moi, oui je suis engagée dans la société civile, je suis engagée aux cotés de la fondation royale Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, je vais à la rencontre des écoliers pour les sensibiliser à la question environnementale, je participe à des conférences internationales… Mais cela ne suffit pas !

Quel combat environnemental vous touche particulièrement ?

Un combat me touche particulièrement et notamment après avoir vu un documentaire inspirant, que j’encourage tout le monde à voir, qui s’appelle « COWSPIRACY ». C’est simple, plus de 51% des émissions de gaz à effet de serre sont issues de l’agriculture animale. Donc loin devant les transports, loin devant les industries. Alors que nous n’en parlons pas, les politiques n’en parlent pas, les ONGs internationales n’en parlent pas… Pourquoi ? Parce que ça serait trop difficile pour nous de changer de mode de vie ? Parce que l’influence des lobbies est trop importante ? Je ne sais pas. Mais en tout cas, ça m’énerve parce que c’est la cause numéro un qui détériore l’environnement.

Quel geste quotidien faites-vous pour la planète ?

Éteindre l’électricité, fermer l’eau, éviter de prendre des bains… Tout ça c’est bien mais ça ne suffit pas. Nous avons besoin d’une véritable révolution dans nos modes de vie. Emprunter les transports en commun ? Mais ça veut dire que le réseau est développé, les rues sécurisées, les gens civilisés, qu’une femme peut se balader seule dans la rue sans être embêtée… ce qui est loin d’être le cas. On pourrait par exemple réduire notre consommation de viande, devenir végétarien ou comme moi végétalienne, parce que quand on sait que 51% des émissions de gaz à effet de serre proviennent de l’agriculture animale, ça serait bien déjà de commencer par là.

Complétez cette phrase : « Bientôt on pourra … »

Bientôt, on pourra, malheureusement, dire à nos enfants : « tu vois, avant il y avait des poissons dans la mer ». Dans 20 ans, en 2048, il n’y aura plus de poissons dans la mer. On ne parle pas de « dans 100 ans » ni de « dans 50 ans », c’est dans 20 ans ! C’est incroyable et c’est terrifiant de se dire qu’on est arrivé là.

Et si vous pouviez faire passer un message pour l’environnement ?

N’attendons pas de devoir sortir en scaphandre pour réagir, nous n’avons plus le temps. Sans être alarmiste, soyons simplement réalistes. La situation est grave mais elle est réversible. Et si nous n’avons pas la conscience collective pour réagir, alors, peut-être peut-être faudrait-il qu'on nous l'impose cette révolution de changement de modes de vies avant que la nature, de manière irréversible, cette fois, et d’une façon inéluctable, nous l’impose elle-même.